26.11.2006

La Main et la voix de Kathleen Ferrier

(2,1 Mo)
 

Autour de

Yves Bonnefoy
 

A la voix de Kathleen Ferrier

Toute douceur toute ironie se rassemblaient
Pour un adieu de cristal et de brume,
Les coups profonds du fer faisaient presque silence,
La lumière du glaive s'était voilée.

Je célèbre la voix mêlée de couleur grise
Qui hésite aux lointains du chant qui s'est perdu
Comme si au-delà de toute forme pure
Tremblât un autre chant et le seul absolu.

O lumière et néant de la lumière, ô larmes
Souriantes plus haut que l'angoisse ou l'espoir,
O cygne, lieu réel dans l'irréelle eau sombre,
O source, quand ce fut profondément le soir !

Il semble que tu connaisses les deux rives,
L'extrême joie et l'extrême douleur.
Là-bas, parmi ces roseaux gris dans la lumière,
Il semble que tu puises de l'éternel. »

 

 

In "Hier régnant désert" - Poèmes

Editions Poésie/Gallimard 

 

Gustav Mahler

Kindertotenlieder 

"Nun will die Sonn'so..."

Interprètes : Kathleen Ferrier - Bruno Walter - Wiener Philharmoniker 

Enregistrement de 1949

Label : Emi Classics (1987) 

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25.11.2006

La Main et une voix

(3,8 Mo)
 

Autour de

Yves Bonnefoy

Une voix

Combien simples, oh fûmes-nous, parmi ces branches,

Inexistants, allant du même pas,

Une ombre aimant une ombre, et l'espace des branches

Ne criant pas du poids d'ombres, ne bougeant pas.

 

Je t'avais converti aux sommeils sans alarmes,

Aux pas sans lendemains, aux jours sans devenir,

A l'effraie aux buisson quand la nuit claire tombe,

Tournant vers nous ses yeux de terre sans retour.

 

A mon silence ; à mes angoisses sans tristesse

Où tu cherchais le goût du temps qui va mûrir.

A de grands chemins clos, où venait boire l'astre

Immobile d'aimer, de prendre et de mourir.

 

Extrait de "Un feu va devant nous"

Pierre écrite – in "Poèmes"

Editions Poésie/Gallimard


Ludwig Van Beethoven

Extrait du Largo du Triple Concerto pour Piano, Violon et Violoncelle en Do majeur -  Op. 56 - II - Largo

Interprètes : Itzhak Perlman & Daniel Barenboim

Label : Emi Classics (1995) 

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24.11.2006

La Main, le Sang et la Note Si (V2)

(1,7 Mo)
 

Autour de

Yves Bonnefoy

LE SANG, LA NOTE SI

Longues, longues journées.
Le sang inapaisé heurte le sang.
Le nageur est aveugle.
Il descend par étages pourpres dans le battement de ton cœur.

Quand la nuque se tend
Le cri toujours désert prend une bouche pure.

Ainsi vieillit l'été. Ainsi la mort
Encercle le bonheur de la flamme qui bouge.
Et nous dormons un peu. La note si
Résonne très longtemps dans l'étoffe rouge.


Extrait de "Un feu va devant nous"

Pierre écrite – in "Poèmes"

Editions Poésie/Gallimard


Franz Schubert

Extrait du Trio pour Piano n°1 en Si bémol majeur - Op. 99 - D. 898- II - Andante un poco mosso

Interprètes : Isaac Stern (violon) - Léonard Rose (violoncelle) - Eugene Istomin (piano)

 

Chaïm Soutine

d'après "Le groom"

Centre Georges Pompidou 

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23.11.2006

La Main et le premier éclat

(3,7 Mo)

Autour de

Paul Eluard 

Au premier éclat tes mains ont compris
Elles étaient un rideau de phosphore
Elles ont compris la mimique étoilée
De l'amour et sa splendeur nocturne
Gorge d'ombre où les yeux du silence
S'ouvrent et se brûlent. 

 

In "Nouveaux Poèmes"

Capitale de la douleur

Editions Poésie/Gallimard

Wolfgang Amadeus Mozart

Extrait du Larghetto du Concerto pour piano n°26 en Ré majeur - KV 537

interprètes : Alfred Brendel - Academy of Saint Martin in the Fields - Neville Marriner

Label : Philips Duo (1994)


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22.11.2006

La Main et le diamant

(2,7 Mo)

Autour de

Paul Eluard 

Le diamant qu'il ne t'a pas donné c'est parce qu'il l'a eu à la fin de sa vie, il n'en connaissait plus la musique, il ne pouvait plus le lancer en l'air, il avait perdu l'illusion du soleil, il ne voyait plus la pierre de ta nudité, chaton de cette baguetournée vers toi.

De l'arabesque qui fermait les lieux d'ivresse, la ronce douce, squelette de ton pouce et tous ces signes précurseurs de l'incendie animal qui dévorera en un clin de retour de flamme ta grâce de la Sainte Claire.

Dans les lieux d'ivresse, la bourrasque de palmes et de vin noir fait rage. Les figures dentelées du jugement d'hier conservent aux journées leurs heures entrouvertes. Es-tu sûre, héroïne aux sens de phare, d'avoir vaincu la miséricorde et l'ombre, ces deux sœurs lavandières, prenons-les à la gorge, elles ne sont pas jolies et pour ce que nous voulons en faire, le monde se détachera bien assez vite de leur crinière peignant l'encens sur le bord des fontaines.

 

In "Nouveaux Poèmes"

Capitale de la douleur

Editions Poésie/Gallimard

Johannes Brahms

Extrait de l'Andante du Concerto pour piano en Ré mineur Op. 15

interprètes : Glenn Gould, Leonard Bernstein, Philharmonique de New York

Label : Sony (1998)


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21.11.2006

La Main et le menacé

(2,3 Mo)

Autour de

Jorge Luis Borges

Le menacé

C'est l'amour. Je devrai me cacher ou fuir.

Les murs de ma prison grandissent, comme en un rêve atroce. Le beau masque a changé, mais comme toujours c'est le seul. De quoi peuvent me servir mes talismans :  l'exercice des lettres, la vague érudition, l'apprentissage des mots dont l'âpre Nord se servit pour chanter ses mers et ses épées, la sereine amitié, les galeries de la Bibliothèque, les choses courantes, les coutumes, le jeune amour de ma mère, l'ombre militaire de mes morts, la nuit intemporelle, la saveur du sommeil ?

Etre avec toi ou ne pas être avec toi est la mesure de mon temps.

Déjà la cruche se brise sur la fontaine, déjà l'homme se lève à la voix de l'oiseau, déjà s'assombrissent ceux qui regardent aux fenêtres mais l'ombre n'a pas apporté la paix.

C'est, je le sais bien, l'amour : le désir anxieux d'entendre sa voix, l'attente et la mémoire, l'horreur de vivre dans la succession.

C'est l'amour avec ses mythologies, avec ses petites magies inutiles.

Il y a un coin de rue où je n'ose passer.

Déjà les armées m'encerclent, les hordes.

(Cette chambre est irréelle, elle ne l'a pas vue.)

Le nom d'une femme me dénonce.

J'ai mal à une femme dans tout mon corps. 


In "L'or des tigres"

Mis en vers français par Ibarra

Editions Poésie/Gallimard

Franz Schubert

extrait de la Marche du Divertissement à la hongroise pour piano à quatre mains en sol mineur, D. 818 (Op. 54)

interprètes : Justus Frantz - Christophe Eschenbach

label : Emi (1997)


Henri Matisse

d'après "le portait d'Auguste Pellerin" 

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20.11.2006

La Main, ensemble

(2,5 Mo)

 

Autour de


Henri Meschonnic

"Tu me demandes ce que je ferai quand nous serons ensemble
puisque je n'aurai plus à t'écrire
ensemble ne m'emplira plus des paroles des autres
mes yeux ne serreront plus des ressemblances
de faux fragments de toi
où je tiens à peine à flot
que ferai-je quand tout cela sera ensemble
j'y serai une eau mêlée à l'eau
je me reconnaîtrai
ne sachant plus la différence
moi qui ai déjà tant d'illuminations de toi
un album d'immobiles et je veux une continuité
je n'écrirai plus à toi c'est toi que j'écrirai
je te disséminerai dans les mots où je me rassemble
mes regards pour se vêtir remonteront de leur exil vers toi."

Tiré de Dédicaces proverbes
in "Anthologie de la poésie française du XXème siècle"
éditions Poésie/Gallimard

Wolfgang Amadeus Mozart
extrait de "Cinque..dieci..venti..trenta..." - Acte I
"Les Noces de Figaro"
interprètes : Bryn Terfel et Cecilia Bartoli

Paul Cézanne
d'après "Nature morte avec pot de lait et pommes "(1879 – 1880)

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