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28.02.2006

En forme de haïkus (IV)

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Pour soutenir son poids
De câbles spaghettis que le vent ploie,
Un pylône averti hausse les épaules.

J'aime les trembles
Dont le feuillage d'alevins
Frémit aux dents du vent.

Bouleau, j'arrache ton écorce
Je n'ai plus de papier
Et ma plume est en sève.

Les chatons des noisetiers
S'ouvrent, promesse acide.
L'hiver va se clore.

J'ai recraché un bézoard.
J'ai besoin d'antidote
Aux poils ténus de la mémoire.

Du haut d'une ziggourat
Je toucherais les avions du doigt.
Enfin, je crois.

J'avais envie de Damas
Des roses et des pins d'Alep
Offre-moi juste une glace.

Odile FOLTZ

27.02.2006

Bois.

"Avec le bois tordu de l'humanité, on ne saurait rien façonner de droit." Kant

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Il n'y avait plus de bois
Et les lauriers coupés
Étaient beaucoup trop verts.
Comme tous les hivers,
Il fallait patienter
Pour retrouver de quoi brûler.

Devant les bûches parfaites,
Dont l'écorce fraîche
Me tentait, j'ai dit :
"Un feu de branches torses
Délaissées par la scie
Réchauffe tout autant.
Pourquoi souhaiter
L'alignement ?"


Odile FOLTZ

18.02.2006

En forme de haïkus (II)

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Le ciel fait semblant
Il semble neiger.
La ville fait semblant d'être ville.

Au marbre de ma colère
Je malaxe un beurre noir
Pour tes yeux.

Ergomane crétin,
Stoppe ta course de soleil
Que je dorme enfin.

En moi un bonhomme
Laisse sa trace de pain et d'épices
Le monde est fade.

Quand j'ai regardé ma pelote
Elle était pleine des nœuds de ta laine
J'ai pris les ciseaux.


Odile FOLTZ

13.02.2006

En forme de haïkus (I)

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Tu n'as pas besoin de moi
Cerf-volant
Juste le vent et toi.

Sous une feuille, je découvrirai ce qui nous lie
Dans la nervure secondaire
Qui t'alimente en sève.

L'automne est là.
L'hiver approche.
Il n'y a pas eu d'été pour moi.

J'ai regardé le nuage qui te nimbait
J'ai eu peur
Tu ne m'as pas retenue.

Que viens-tu chercher, nomade
Dans mon foyer
De la poudre de sédentarité ?

Tes yeux avec lesquels j'écris,
Sont le charbon dont
Mes mots se chauffent.

Grégaire, ordinaire, balbutiante
Je marche à mon pas.
Je débute.

Distinguons le sexe de l'amour.
Bon.
Et que fait-on maintenant ?

Songer à dormir.
Dormir pour songer.
Ecrire les songes et recommencer.

Il y a en toi plus de tendresse
Et moins d'angoisse.
Cela me va.

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