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22.04.2006
Empreinte
A la persistance rétinienne et au travail prégnant de la mémoire, on doit l'irisation du corps qui dort dans l'ombre, posé à côté, contre, touchant au rebord de ce corps circonscrit et su qui sommeille lui aussi.Il y a cette irradiation tiède, cet engourdissement de l'autre qui rayonne et émet la chaleur mêlée entre le drap, le rêve.
Les paumes aveugles du sommeil cherchent la peau lointaine, déjà levée peut-être, creux dans la laine aux fibres repliées. Réminiscence : éclat d'une main courte qui cueille au sein ou à la croupe le demi-sommeil des heures pâles. Cuisses serrées, chaleur montante, blush du ventre qui s'éveille en premier.
Le char d'une pensée émergente, tressaute sur les cailloux de l'aube, acide blanc qui perce la peau que bercent encore les draps. Pensée discontinue, haridelle cahotante, qui va, au chemin incertain, roulée, incontinente, par les bribes du rêve.
Puis, les paupières closes sont forcées par le jour croissant qui s'agrafe aux yeux. La fente entre les cils laisse entrer le monde, encore flou, et le repose, poussière, sur l'oreiller pour le traiter plus tard.
Mais, les draps pressent l'éveil, irritant la peau étonnée de tant de matière.
Le déploiement du corps enfin, au poing du lit, à peine la lumière, et à peine la nuit.
Les heures les plus petites comptent les doigts de la main. Mais combien suis-je ici ? Est-ce bien moi qui compte ?
Morsure du vide sur le plan du coton, absence à l'oreiller, toile à perte de vue, parfum unique trop connu, posent l'urgence : extraction immédiate pour éluder le lit.
Une torchère aux reins expulse les pieds sur le carrelage froid.
Le jour écrase sa verticale et redéploie la solitude.
Ainsi la nuit reprend dès le lever du jour.
odile foltz
19:20 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Littérature
Commentaires
Bien! Vraiment bien.
J'aime et admire.
Il faudra qu'en reparle de cette part de toi que sont tes poëmes.
Cela dit, j'vas m'coucher, espérant qu'une torchère aux reins ne m'explusera pas trop tôt sur le pavé froid de mon linoléum...
Bizounuit.
Ecrit par : Papa | 04.05.2006
