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06.10.2006

La Main et la Nuit de Noces

(2,2 Mo)
Autour de
Henri Michaux
"Si, le jour de vos Noces, en rentrant, vous mettez votre femme à tremper, la nuit dans un puits, elle est abasourdie.
Elle a beau avoir toujours eu une vague inquiétude...
"Tiens, tiens, se dit-elle, c'est donc ça le mariage. C'est pourquoi on en tenait la pratique si secrète. Je me suis laissée prendre en cette affaire."
Mais étant vexée, elle ne dit rien. C'est pourquoi vous pourrez l'y plonger longuement et maintes fois, sans causer aucun scandale dans le voisinage.
Si elle n'a pas compris la première fois, elle a peu de chances de comprendre ultérieurement, et vous avez beaucoup de chances de pouvoir continuer sans incident (la bronchite exceptée), si toutefois cela vous intéresse.
Quant à moi, ayant encore plus mal dans le corps des autres que dans le mien, j'ai dû y renoncer rapidement."

in "La Nuit remue"

Poésie/Gallimard

Franz Schubert
Extrait du Lied : Auf Dem Wasser Zu Singen - D. 774 (Op. 72)
Interprètes : Christoph Eschenbach (piano) - Renée Fleming (soprano)

09:00 Publié dans Henri Michaux | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : Poésie

Commentaires

Ra-vi d'être le premier à saluer cet épisode : judicieux décor pour un texte insolite. Et l'expressivité des mains de la "trempée" : bravo à tous les deux!

Ecrit par : daddidou | 11.05.2006

Superbe ...
Et ces mains en apnée tendent à l' air ... du célibat retrouvé peut-être ? qui sait ?
La légèreté de la musique et l' humour d' une douleur assumée à la Michaux rendent heureusement à cet épisode une note d' espoir ...

Ecrit par : kaïkan | 06.10.2006

Femme mouillée craint l'eau froide.

Il sera donc encore plus difficile de l'astreindre aux taches courantes dont elle a vocation en venant picorer sa dot: vaisselle, blanchiement, lessive, torche gnares ou frottis des carrelages.

Alors qu'une petite caille douilletement abandonnée à sa couche saura vous épargner bien des tracas.

Ecrit par : Stardust D | 06.10.2006

Sacré Jean-Robert-Star! On ne nous le changera pas, tant pis, et tant mieux. Ne sais si elle relèvera votre propos, la "petite caille" que vous supposez "douilletement abandonnée à sa couche", mais je sais ce qu'elle n'en pensera pas moins!... Psst, JRS : dans le lourd collier des "tâches courantes", que ne mentionnez-vous le turbin-gagne-croûte ? Z'en auriez pas un sous le coude, de turbin, par hasard ? Car caille au boulot devient maousse, c'est connu...
A ciao!

Ecrit par : Phloxpair | 07.10.2006

émotion de la retrouver celle-là :-)))
Mais où sont-donc passés nos commentaires de jadis? Effacés? perdus, tombés dans le puit... pour faire place aux nouveaux regards, oui, il faut de la place, tu as raison, nos bêtises passées... il reste aujourd'hui, et demain...

Ecrit par : Camille | 12.10.2006

merci tout simplement pour ces mots, cette liberte mise en mots...et d'elargir, ainsi les champs du possible...
J'ai ete ravie de lire Derwich, poete de la terre, de l'amour de la terre, de l'"herbe verte" des racines, de celles qui permettent à un homme ou une femme de se tenir debout.
Merci pour Borges et Michaux.
Cesaire et Saint John Perse m'ont manqué.

Ecrit par : samia | 16.10.2006

...

heureuse de vous voir à nouveau vous agiter
et de belle manière comme d'habitude...
mais qui donc aurait l'audace de vous laisser décanter dans un puit sinon à vouloir en faire surgir vos mains ...
faut-il être sadique à ce dernier prétexte de vous plonger ainsi
vous
si raffinée
si joliette
dans cet affreux puit ... mais je m'interroge tout à coup ...
qui a creusé ce puit dans lequel vous marinâtes
... des esprits malins vous aurait-ils trouvée peu amène à turbinercassecroûte qu'ils ne surent apprécier votre habileté à manier le verbe et la main ...
...
sortez de ce puit
je vous en supplie
et plus jamais
n'y retombez
point ne vous laissez souiller
garder la main belle
et la voix claire
...
et j'en terminerai
en vous disant
que malheureusement
la réponse que j'adressais
à votre message
est tombée dans les oubliettes
happée elle aussi
les belles phrases ne sieraient-elles donc pas aux femmes
que le sort s'acherna ainsi sur nous
pour nous couper la parole ...
trève de bavardage
je laisse la place
à vos amies (s) ravis de vous retrouver
et un commentaire chez moi vous laisserai à nouveau ...


... tenez bon la margelle ...

Ecrit par : sylvie | 22.10.2006

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