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31.10.2006
La Main et la perle (V2)
Autour de :
Stephan Zweig
Lettre d'une inconnue
"Le visage d'une jeune fille, d'une femme, est forcément pour un homme un objet extrêmement variable ; le plus souvent, il n'est qu'un miroir où se reflète tantôt une passion, tantôt un enfantillage, tantôt une lassitude, et qu'il s'évanouit aussi facilement qu'une image dans une glace, que donc un homme peut perdre plus facilement le visage d'une femme parce que l'âge y modifie les ombres et la lumière, et que des modes nouvelles l'encadrent différemment. Les résignées, voilà celles qui ont la véritable science de la vie."
in "Amok" - Livre de poche
John Field
Fantaisie Sur Un Air Russe ('In The Garden')
Extraite de " 16 pièces pour Piano"
Interprète : Miceal O'Rourke
Label Chandos 1994
Jan Vermeer
La Jeune Fille à la perle - 1665
Mauritshuis à La Haye
07:00 Publié dans Stephan Zweig | Lien permanent | Commentaires (28) | Envoyer cette note | Tags : Odile Foltz, Calédémon, Vidéoblog, La Main, Stephan Zweig, Lettre d'une inconnue, John Field
Commentaires
Tout est nacre et perle chez vous, Chère Caledemon. Viens de terminer la relecture de ce texte qui toujours me trouble et m'émeut....." les mains tremblantes de l'écrivain lâchèrent la lettre. Puis il réfléchit longuement. Confusément montait en lui le souvenir quelconque d'une enfant du voisinage et d'une jeune fille, d'une femme rencontrée dans un établissement de nuit, mais ce souvenir restait vague et indistinct, comme une pierre qui brille et qui tremble au fond de l'eau sans qu'on puisse discerner sa forme. Des ombres, en son esprit, s'avançaient et reculaient, sans jamais constituer une image nette....Il lui semblait avoir rêvé de toutes ces figures, rêvé souvent et profondément, mais seulement rêvé."
Ecrit par : vi | 03.07.2006
Profondément touchée par vos mots, Chère Caledemon...sourire doux en ce lundi....
Ecrit par : vi | 03.07.2006
Les résignées, voila un mauvais mot qui est zéro optimiste, zéro lucide et zéro branle couette.
Je trouve ça du born to die à deux balles avec lequel on fait des femmes moches.
Laisser croire que les beaux gars qui vous convoitent se feraient duper par des petites mauvaises odeurs du temps c'est les ravauder à de bien piètres univers de fantasmes.
Et quand on se croit résignable on se laisse in peto s'emmocher.
Arrêter Mesdames de pleurnicher en vous abandonant en victime d'un tiers, fut-il le temps!
Bombez vos torses torves et faites fi des flétrissures que vous vous fantasmez, il est normal et merveilleux que notre corps s'adapte aux nécessités.
Si mes beaux muscles saillants s'aillent moins c'est simplement parce que, grandissant, j'en ai moins besoin puisque j'ai appris à conduire, j'ai appris à téléphoner, j'ai appris à savourer mes mets, j'ai appris à faire bosser les djeuns, etc.
Ecrit par : jean-Robert D | 03.07.2006
Carton jaune JRD, l'optimisme ne se décrète pas, votre propos est légitime au regard de votre masculanité que l'on devine vibrer au bout du système pileux de votre torse viril, mais le message qu'il porte ne se transmet pas au bout du glaive (le glaive, enfin je m'entends), il s'insuffle, se susurre, se démontre, s'émerveille, flatte et caresse, montre la voie en conduisant à la main (la gauche ou l'adroite) si nécessaire. Je pondère aussitôt: si contrairement à moi vous n'êtes pas polluer par le souci maladif de la séduction, je salut bas votre courage....
Ecrit par : ThierryC | 03.07.2006
PARCERE SUBJECTIS ET DEBELLARE SUPERBOS
Ecrit par : ThierryC | 03.07.2006
Tssss ! JRD ! Ne vous trompez pas ! Nous nous aimons, totalement telle que nous sommes avec nos plis, là, nos ronds, là et nos parfums que le temps patine.
La résignation est tout d'abord liée au texte lui-même : c'est quand même le récit de la plus spectaculaire névrose amoureuse qui soit et la dame qui écrit sous la plume du monsieur (Zweig) s'apprête à mourir.(bouh !)
Ce n'est pas mon cas. En revanche, ayant très longtemps pensé que j'étais un démon inoubliable et donc non résignable, je reviens quelque peu sur cette prétention mais c'est probablement parce que je n'ai pas -quoiqu'en disent certains - été peinte par Vermeer.
Et si le souvenir était le pendant féminin du souci de gloire masculin... N'est-ce pas dans le marbre de vos cœurs que nous aimerions laisser une trace, souvent, souvent ! Mais ceci est une autre histoire !
Vi ne s'est pas trompée qui cite la réflexion de l'homme qui a "résigné" cette femme : "confusément (...) seulement rêvé".
Je suis très heureuse que votre grandeur venant, vous ayez su vous débarasser du superfétatoire en vous entourant de l'essentiel, celui qui laisse un petit ventre rond, des oreilles bien grand'ouvertes, une bagnole maîtrisée, et une tripotée de djeun's télescopiques pour faire face au reste.
Merci pour cette hymne à la confiance en soi que vous nous délivrez. Toutefois, auriez-vous une vie affective stable ?
Dans ce cas, cela vous disqualifierait pour nous qualifier de pleurnicheuses à travers ce qui n'est au fond qu'une petite forme rapprochant un visage inoubliable et un texte qui lui fait un pied de nez !
Ecrit par : Caledemon | 03.07.2006
ThierryC, merci, vous venez d'exprimer exactement Coîtesse que je voulais dire ! Madame votre mère a beaucoup de chance d'avoir un garçon aussi délicat et qui lit Virgile dans le texte ! Mais je vous rassure, je ne me sens pas faible : 37°2, ce matin !
Ecrit par : Caledemon | 03.07.2006
37,2°C... al dente
Ecrit par : ThierryC | 03.07.2006
Toujours aussi ferme... dans vos propos !
Ecrit par : Caledemon | 03.07.2006
Je hume la taquinerie... Moqueriez vous la maîtrise que j'exerce sur mon corps?
Ecrit par : thierryC | 03.07.2006
Comment ThierryC a-t-il appris combien j'étais beau, optimiste et viril?
Mais épargner les faibles, déjà ça sent le dédain alors abattre les superbes en plus, ça fait jaloux à crever.
Moi je suis pour harceler de respect, de regards, d'écoute et de considération ces faibles que nous oublierions, accaparés par la haine et la jalousie envers les fiers et les orgueilleux.
Et je crois que si, l'optimisme ça se choisi.
Il faut avoir le courage de se confronter à ses névroses et pour les pourfendre il suffit souvent d'avoir le courage de justemet les regarder droit.
Les histoires de gloire masculine, de marbre du cœur et de pulsion séductrice, là je m'avoue aux abonnés absents coté articulation de concepts qui ne me parlent guère trop.
Avez-vous déjà eu des relations sentimentales, amoureuses, sexuelles et/ou érotiques et dans le cas positif avez-vous souvenance d'une forte importance de ces effets d'altération du temps?
NB: "L'altération" porte bien ici son étymologie de portage vers un autre, l'ontogénèse de la péjoration du mot prenant ses sources dans une de ces névroses du jeunisme, du peterpanisme ou de la frilosité oisillone.
Ecrit par : jean-Robert D | 03.07.2006
oh quel bel échange!
continuez surtout !!!!
est-il réellement possible d'exercer une maîtrise sur son corps Thierry C? wouah... comment faites-vous ça?
Je réponds oui à la première question de JRD et non à la seconde!
et bien sûr que vous êtes inoubliable Caledemon! les pâtes al dente soit, mais aucun fruit à peine mûr ne dégage l'arome ni le goût de celui qui a pris le temps de s'offrir
Moi, je me considère résignée du temps qui passe, mais sans aucune morosité ni pessimisme. Parce que ce temps qui me patine a sa manière porte le souvenir de ma vie, et je n'ai aucune envie d'être amnésique. Je préfère le naturel et le flou à l'exactitude photographique sursaturée de l'artificiel retouché.
Le visage de mes amants n'est pas resté net et précis dans mon souvenir et je ne pense pas que "l'extrême variabilité" du miroir ne soit que l'apanage des hommes...
Ecrit par : Camille | 03.07.2006
Etant plus porté par mes intuitions que par les bases d'une réelle culture, je crains ne pas avoir bien compris votre démonstration mais je parviens à en percevoir les idées essentielles parmi lesquelles doit se trouver celle que je vous offensais, et je le regrette.
"Avez-vous déjà eu des relations sentimentales, amoureuses, sexuelles et/ou érotiques?" Oui certes, mais les plus belles sont à venir...
cordialement
Ecrit par : ThierryC | 03.07.2006
Mon intervention précédente s'adressait à JRD, pas à la votre Camille...
Précision inutile pour les occupants mais les visiteurs pourraient s'égarer dans les méandres de nos interventions croissées.
Ecrit par : ThierryC | 03.07.2006
Résigner : v.a. (lat.resignare) Abandonner quelque chose en faveur de quelqu'un. "Possesseur d'un trésor dont je n'étais pas digne, Souffrez avant ma mort que je vous le résigne", P. Corneille.• Se démettre d'un bénéfice, d'un office, etc. • Résigner son âme à Dieu, la remettre entre les mains de Dieu. • Se résigner, v.r. Accepter sans protester. Se résigner à son triste sort.
(définition du Nouveau Littré - 2004)
Bon, d'accord, c'est si peu gai que je m'étonne de m'être battue pour ce mot. (Mea culpa, et fouette, fouette le dos ! Ha ! Ha !) N'y voyez qu'une image mais c'est ma façon à moi de reconnaître que j'avais en partie tort. En partie parce que, en être optimiste, JRD, vous sortez souvent la très très grosse artillerie pour écraser mosca. En être charismatique, vous déployez votre (bonne) parole avec une conviction qui vous fait honneur mais supporterait la nuance. En inspirator maximus, vous querellez pointu pour atteindre vite vos objectifs. Certain(e)s d'entre nous ont besoin de plus de temps (ou sont plus jeunes et ont donc un peu plus de route à faire). Ainsi, j'ai fabriqué cet épisode de la Main que je continue à trouver beau et parlant, il y a trois mois avec un contexte différent, où un autre présent m'habitait. Point.
Si ThierryC a connaissance de vos formes oscillant entre éphèbe (voir le déhanché d'Aninoüs à Delphes) et gorille, c'est probablement parce que la virtualité bâtit en nous des images et que nous prêtons à l'autre le corps qu'il nous plaît de le voir revêtir. Ainsi, je pense que Camille est d'une beauté à couper le souffle. Comme dirait un de mes amis qui se reconnaitra, "je vous lis très belle". De là, à affliger JRD d'une pilosité de primate et d'une tablature chocolatée de guitariste abdominal, il n'y avait qu'un pas. Pour ma part, je l'imagine autrement. Grand, baryton, mat, noir ou gris de cheveux, avec des lunettes et un regard vif et mobile qui capte tout et surtout une paire de grandes chaussures orange pointure 48.
Camille, je vous laisse le soin de nous raconter ThierryC ou Phloxpair... si la plume vous en dit !
Ecrit par : Caledemon | 03.07.2006
ah non Caledemon!
je garde pour moi mes fantasmes! les images de Thierry C, JRD et Phloxpair me plaisent trop pour être partagées ;-)
quant à moi, vous vous méprenez "grave"!
J'ai dû me résigner très tôt dans la vie vous savez!
J'admirais les bimbos pain doré de Poznan, décolleté pigeonnant et corps gainé dans les tenues les plus affriolantes, tout en me demandant comment elles vivraient les outrages du temps... Sont-ce les jolies femmes fières de leurs appâts qui ne se résigneraient pas? Les autres n'auraient pas grand chose à perdre, ou alors seraient philosophes (sisi ça existe!)
moi j'ai décidé un jour d'essayer d'apprendre l'humour à défaut de me refaire le visage! Je suis en maternelle depuis un paquet d'années, mais ça devrait m'éviter la collagénothérapie ainsi que d'intoxiquer les poissons quand on ira répandre mes cendres dans la grande primordiale lors de mon retour aux sources!
Ecrit par : Camille | 03.07.2006
J'applaudis et continue à vous trouver très belle. C'est ainsi. Quand à votre sens civique et environnemental, j'en fais des ronds de flan dans l'eau. Une telle délicatesse vous vaudra sûrement d'être décorée - à titre posthume, quand tout sera consumé - du grand ordre du Nénuphar.
Ecrit par : Caledemon | 03.07.2006
Tout çà propos de quoi, déjà ? Ah!oui, une perle...
Ben mes colons, on se croirait presque chez Mme du Deffand, un après-midi de printemps sans prise de la Bastille avant krach financier de Law... Non sans anachronismes toutefois. C'est le lyrique aria en quatuor entre le marquis de C., ténor, le comte Jean-Robert de D., basse, la Comtesse Camille, soprano, et Calésuzon, alto, de Cosi Fan Tutte. Ah, chers... c'est beau comme du Mozart. A quand "les Noces" ?
Valetaille rompue à la discrétion, je me contente de glisser sans bruit jusqu'à la porte du salon, d'y coller mon oreille, et d'essayer de mémoriser "que la virtualité bâtit en nous des images et que nous prêtons à l'autre le corps qu'il nous plaît de le voir revêtir". C'est beau comme l'Antique!
Faudra que je répète çà à Toinette : elle en restera coite, elle qui a toujours le dernier mot. Par contre, "du born to die à deux balles avec lequel on fait des femmes moches",
çà, j'ai pas compris. Je demanderai à Petit Jean, çui qu'est laquais chez les Scudéry, y saura peut-être.
Ecrit par : Phloxpair | 04.07.2006
Valetaille, le Commandeur ? Mais non, Phloxpair, sortez nous votre plus belle voix de basse russe et invitez nous à dîner !
Si vous vous moquez encore de mes propositions relatives à tiroir, je vous assène du subjonctif à longueur de commentaire et rechercherais systématiquement les plus oiseux. Je vous menace également de vous bombarder de la fine grenaille des passés simples. Chacun ici s'exprime comme il veut. Et si je me déploie dix-huitième, JRD nous fait basculer dans le XXIème siècle, Camille et Thierry assurant un lien de lisibilité avec une maîtrise parfaite des trois cent ans qui nous séparent. Est-ce ma faute à moi si je suis tombée sur une Racine en baillant au Corneille ? Plus je lis de poésie pour donner à manger à la Main, plus je regresse. Bientôt Proust et 64 relatives enfilées sur une page !
Ce n'est pas grave ! Je connais un homme qui, en effectuant tous les travaux manuels recquis par deux très grands jardins, se fabrique des alexandrins dont il bourre ensuite sa pipe, les vers, libres, montent alors jusqu'aux nuages, en prière pour la pluie (ce qui lui évite d'avoir à arroser et lui permet de mater le tennis, le foot, le tour de France, sans culpabilité aucune).
"Et toc ! " - in Sganarelle ou le mari volant malgré lui - Molière - Acte II - Scène 3- Pièce de jeunesse introuvable.
Ecrit par : Caledemon | 04.07.2006
... chères et chers, j'ai râté tous les épisodes de la Main depuis le rénovation de votre tile de fond et suis fort surprise de trouver séant ou d c'est selon, une perle qui fait tant parler d'elle.
Mais qu'à t-elle cette perle quelle fasse tant parler d'elle ?
Ne s'agirait-il pas, de manière plus que moins déguisée, pour certains de montrer ici, outre leur célèbre talent oratoire, la magnificence de leur corp mûrissant ou éprouvés par la station assise du bloggeur addicted à la Main ?
Je suis coîte, je dois bien l'avouer, devant tant d'intérêt porté à une perle et plus encore à celles qui en portent voire en sont tout simplement.
Car voui chers chers, les femmes ici sont des perles et qui plus est des perles rares et à trop chercher à les épingler ou les monter en collier vous vous perdîtes chers en digréssions pavaneuses d'une mascunilité frôlant l'odieuserie à notre endroit ... voyez notre esprit, lisez en nos yeux et en nos coeurs le bonheur qui nouzabite ... mais vous êtes hommes, chers, et ne comprenez la subtilitéféminime séante ...
ah chers chers, comme on vous aime quand même avec vos défauts et vos ronronsnocturnes, vos ballons et vos autos, toute cette masculinité qui nous râvit ... que le femme à la perle si paisible et pure, nous ressemble ... décidément, les femmes ne vieillissent pas ...
Ecrit par : sylvie | 04.07.2006
Et toc...
Ecrit par : ThierryC | 05.07.2006
Rire en cascade !
Ecrit par : Calédémon | 05.07.2006
moi, je craque pour les grands misogynes, surtout lorsqu'ils sont un peu vieux !
je leur trouve quelque chose de très touchant :-)
parfois même je les comprends ;-)
si JRD ne saisit pas au vol le "le bonheur qui nouzabite " Sylvie, c'est qu'il est très fâché, ou complètement blasé, ou totalement ailleurs!
Ecrit par : Camille | 05.07.2006
Donnez lui quand même à boire...
Ecrit par : ThierryC | 05.07.2006
L'ensemble de cet échange restera dans les annales, m'est avis ! C'était festival... merci à tous.
Ecrit par : Caledemon | 06.07.2006
Ainsi s'achève, chers Auditeurs, ce Premier Festival de la Roque d'Anthécalederon, dont nous saluons la Présidente d'Honneur Madame Sylvie Callement, dont l'éternelle jeunesse continue de susciter notre admiration.
Nos remerciements : aux firmes EMI et Deutsche Grammophon, pour leur soutien financier. Et aux intervenants , Madame Camille N, Messieurs JRD, Thierry C, pour leurs commentaires éclairés qui ont émaillé nos débats.
Nous vous donnons rendez-vous prochainement sur notre antenne, pour notre causerie de la semaine, dont les thèmes seront : ménopause, adolescence prolongée et soins esthétiques chez les bolobos.
Ecrit par : Phloxpair | 06.07.2006
ThierryC à Caledemon: je m'éloigne du sujet mais vous mettez deux "n" à anal vous?
Ecrit par : ThierryC | 06.07.2006
Ca dépend de ma proximité avec le sujet...
Ecrit par : Caledemon | 07.07.2006