02.10.2006
La Main, le soir
(1,63 Mo)
Autour de :Mahmoud DarwichElle, le soir
Elle est seule, le soir
et moi, comme elle, je suis seul...
Entre moi et ses chandelles
dans le restaurant hivernal,
deux tables vides. [Rien ne trouble notre silence]
Elle ne me voit pas quand je la vois
cueillir une rose à sa poitrine.
Je ne la vois pas quand elle me voit
siroter un baiser de mon vin...
Elle n’émiette pas son morceau de pain,
et moi, je ne renverse pas l’eau
sur la nappe en papier.
[Rien ne ternit notre sérénité]
Elle est seule et je suis seul
devant sa beauté. Je me dis :
Pourquoi cette fragilité ne nous unit-elle pas ?
Pourquoi ne puis-je goûter son vin ?
Elle ne me voit pas quand je la vois
décroiser les jambes...
Et je ne la vois pas quand elle me voit
ôter mon manteau...
Rien ne la dérange en ma compagnie,
rien ne me dérange, nous sommes à présent
unis dans l’oubli...
Notre dîner, chacun seul, fut appétissant,
la voix de la nuit était bleue.
Je n’étais pas seul, elle n’était pas seule.
Ensemble nous écoutions le cristal.
[Rien ne brise notre nuit]
Elle ne dit pas :
L’amour naît vivant
Et finit en idée.
Moi non plus, je ne dis pas :
L’amour a fini en idée.
Mais il en a tout l’air...
Extrait de : "Ne t’excuse pas"
Poèmes traduits de l’arabe (Palestine) par Elias Sanbar - Actes Sud
Franz Schubert
Quintette pour 2 violons, alto, et 2 violoncelles en Do majeur - D. 956 (Op. posth. 163) - II – Adagio
Interprètes : Mtislav Rostropovich et le Quartet Emerson
08:50 Publié dans Mahmoud Darwich | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : Odile Foltz, Calédémon, La Main, vidéoblog, Mamouhd Darwich, Elle le soir, Franz Schubert
02.05.2006
La Main et l'ombre
L'OMBREL'ombre n'est ni masculine ni féminine.Grise même si j'y mettais le feu...Elle me suit, grandit, puis se réduit.Je marchais et elle marchait,m'asseyais et elle s'asseyait,courais et elle courait.J'ai dit : Je vais ôter mon manteau bleuet la piéger.Mais elle m'a imité et s'est débarasséede son manteau gris...J'ai pris un chemin parallèleelle a emprunté un chemin parallèle.J'ai dit : Je vais sortir du couchantde ma ville et la piéger.Mais je l'ai vue me précédantdans le couchant d'une autre ville...J'ai dit : Je vais revenir appuyésur des béquilles.Elle est revenue sur des béquilles.J'ai dit : Je vais la prendre sur mes épaules.Mais elle s'est rebellée...J'ai dit : Je la suivrais pour la piéger,je suivrai par ironie ce perroquet de la forme,j'imiterai son imitation,ainsi mon double se fondradans son double,je ne verrai plus mon ombreet elle ne me verra plus.
08:55 Publié dans Mahmoud Darwich | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Odile Foltz, Calédémon, La Main, vidéoblog, Mamouhd Darwich, L'ombre, Johannes Brahms