24.11.2006

La Main, le Sang et la Note Si (V2)

(1,7 Mo)
 

Autour de

Yves Bonnefoy

LE SANG, LA NOTE SI

Longues, longues journées.
Le sang inapaisé heurte le sang.
Le nageur est aveugle.
Il descend par étages pourpres dans le battement de ton cœur.

Quand la nuque se tend
Le cri toujours désert prend une bouche pure.

Ainsi vieillit l'été. Ainsi la mort
Encercle le bonheur de la flamme qui bouge.
Et nous dormons un peu. La note si
Résonne très longtemps dans l'étoffe rouge.


Extrait de "Un feu va devant nous"

Pierre écrite – in "Poèmes"

Editions Poésie/Gallimard


Franz Schubert

Extrait du Trio pour Piano n°1 en Si bémol majeur - Op. 99 - D. 898- II - Andante un poco mosso

Interprètes : Isaac Stern (violon) - Léonard Rose (violoncelle) - Eugene Istomin (piano)

 

Chaïm Soutine

d'après "Le groom"

Centre Georges Pompidou 

21.11.2006

La Main et le menacé

(2,3 Mo)

Autour de

Jorge Luis Borges

Le menacé

C'est l'amour. Je devrai me cacher ou fuir.

Les murs de ma prison grandissent, comme en un rêve atroce. Le beau masque a changé, mais comme toujours c'est le seul. De quoi peuvent me servir mes talismans :  l'exercice des lettres, la vague érudition, l'apprentissage des mots dont l'âpre Nord se servit pour chanter ses mers et ses épées, la sereine amitié, les galeries de la Bibliothèque, les choses courantes, les coutumes, le jeune amour de ma mère, l'ombre militaire de mes morts, la nuit intemporelle, la saveur du sommeil ?

Etre avec toi ou ne pas être avec toi est la mesure de mon temps.

Déjà la cruche se brise sur la fontaine, déjà l'homme se lève à la voix de l'oiseau, déjà s'assombrissent ceux qui regardent aux fenêtres mais l'ombre n'a pas apporté la paix.

C'est, je le sais bien, l'amour : le désir anxieux d'entendre sa voix, l'attente et la mémoire, l'horreur de vivre dans la succession.

C'est l'amour avec ses mythologies, avec ses petites magies inutiles.

Il y a un coin de rue où je n'ose passer.

Déjà les armées m'encerclent, les hordes.

(Cette chambre est irréelle, elle ne l'a pas vue.)

Le nom d'une femme me dénonce.

J'ai mal à une femme dans tout mon corps. 


In "L'or des tigres"

Mis en vers français par Ibarra

Editions Poésie/Gallimard

Franz Schubert

extrait de la Marche du Divertissement à la hongroise pour piano à quatre mains en sol mineur, D. 818 (Op. 54)

interprètes : Justus Frantz - Christophe Eschenbach

label : Emi (1997)


Henri Matisse

d'après "le portait d'Auguste Pellerin" 

04.11.2006

La Main, tard dans la vie (V2)

(2,3 Mo)

Autour de :
 
Pierre Reverdy

Tard dans la vie

"Je suis dur
 
Je suis tendre
 
Et j'ai perdu mon temps

A rêver sans dormir

A dormir en marchant

Partout où j'ai passé

J'ai trouvé mon absence

Je ne suis nulle part

Excepté le néant

Mais je porte caché au plus haut des entrailles

A la place ou la foudre a frappé trop souvent

Un coeur ou chaque mot a laissé son entaille

Et d'où ma vie s'égoutte au moindre mouvement."
 
In "La liberté des mers"
 
Editions Flammarion 
 
Franz Schubert
 
Extrait du Lied "Nacht und Traume - D. 827
 
Interprété par Renee Flemming (mezzo-soprano) et Christoph Eschenbach (piano)
 
Label : Decca 1997

02.11.2006

La Main et la ressemblance (V2)

(2,3 Mo)

Autour de :

Paul Eluard

"Tu te lèves l'eau se déplie
Tu te couches l'eau s'épanouit
Tu es l'eau détournée de ses abîmes
Tu es la terre qui prend racine
Et sur laquelle tout s'établit.
Tu fais des bulles de silence dans le désert des bruits
Tu chantes des hymnes nocturnes sur les cordes de l'arc-en-ciel
Tu es partout tu abolis toutes les routes
Tu sacrifies le temps
A l'éternelle jeunesse de la flamme exacte
Qui voile la nature en la reproduisant
Femme tu mets au monde un corps toujours pareil
Le tien
Tu es la ressemblance."
 
Extrait de "Facile"
Editions Poésie/Gallimard
 
Franz Schubert
Sonate en Ut mineur - D. 958 - IV - Allegro
Interprète : Christian Zaccharias
Label : Emi 
 
 
Henri Matisse
La desserte rouge
Musée de l'Hermitage - Saint Petersbourg

12.10.2006

La Main qui, la Main quoi

(2,1 Mo)

 

Autour de :

Michel Deguy


Qui Quoi

Il y a longtemps que tu n'existes pas
Visage quelquefois célèbre et suffisant
Comment je t'aime Je ne sais Depuis longtemps
Je t'aime avec indifférence Je t'aime à haine
Par omission par murmure par lâcheté
Avec obstination Contre toute vraisemblance
Je t'aime en te perdant pour perdre
Ce moi qui refuse d'être des nôtres entraîné
De poupe (ce balcon chantourné sur le sel)
Ex-qui de dos traîné entre deux eaux
Maintenant quoi
Bouche punie
Bouche punie cœur arpentant l'orbite
Une question à tout frayant en vain le tiers

In "Poèmes II, 1970 – 1980
Editions Poésie/Gallimard

Franz Schubert


Extrait de l' "Allegro Ma non troppo du quatuor à cordes n°13 en La mineur" - Op.29 - D 804
Interprètes : Quatuor Alban Berg
La bel : Teldec Classique (1999)

07.10.2006

La Main, le Sang et la Note Si

(3,6 Mo)
Autour de
Yves Bonnefoy

LE SANG, LA NOTE SI
Longues, longues journées.
Le sang inapaisé heurte le sang.
Le nageur est aveugle.
Il descend par étages pourpres dans le battement de ton cœur.

Quand la nuque se tend
Le cri toujours désert prend une bouche pure.

Ainsi vieillit l'été. Ainsi la mort
Encercle le bonheur de la flamme qui bouge.
Et nous dormons un peu. La note si
Résonne très longtemps dans l'étoffe rouge.

Extrait de "Un feu va devant nous" – Pierre écrite – in Poèmes
Poésie/Gallimard

Franz Schubert
Extrait du Trio pour Piano n°1 en Si bémol majeur - Op. 99 - D. 898- II - Andante un poco mosso
Interprètes : Isaac Stern (violon) - Léonard Rose (violoncelle) - Eugene Istomin (piano)

02.10.2006

La Main, le soir

(1,63 Mo)

Autour de :
Mahmoud Darwich
Elle, le soir

Elle est seule, le soir
et moi, comme elle, je suis seul...
Entre moi et ses chandelles
dans le restaurant hivernal,
deux tables vides. [Rien ne trouble notre silence]
Elle ne me voit pas quand je la vois
cueillir une rose à sa poitrine.
Je ne la vois pas quand elle me voit
siroter un baiser de mon vin...
Elle n’émiette pas son morceau de pain,
et moi, je ne renverse pas l’eau
sur la nappe en papier.
[Rien ne ternit notre sérénité]
Elle est seule et je suis seul
devant sa beauté. Je me dis :
Pourquoi cette fragilité ne nous unit-elle pas ?
Pourquoi ne puis-je goûter son vin ?
Elle ne me voit pas quand je la vois
décroiser les jambes...
Et je ne la vois pas quand elle me voit
ôter mon manteau...
Rien ne la dérange en ma compagnie,
rien ne me dérange, nous sommes à présent
unis dans l’oubli...
Notre dîner, chacun seul, fut appétissant,
la voix de la nuit était bleue.
Je n’étais pas seul, elle n’était pas seule.
Ensemble nous écoutions le cristal.
[Rien ne brise notre nuit]

Elle ne dit pas :
L’amour naît vivant
Et finit en idée.
Moi non plus, je ne dis pas :
L’amour a fini en idée.

Mais il en a tout l’air...

Extrait de : "Ne t’excuse pas"
Poèmes traduits de l’arabe (Palestine) par Elias Sanbar - Actes Sud

Franz Schubert
Quintette pour 2 violons, alto, et 2 violoncelles en Do majeur - D. 956 (Op. posth. 163) - II – Adagio
Interprètes : Mtislav Rostropovich et le Quartet Emerson

01.10.2006

La Main et la ressemblance

(1,71 Mo)

Autour de :
Henri Matisse
Harmonie Rouge
 
Paul Eluard
Extrait de "Facile"
(Poésie/Gallimard)
"Tu te lèves l'eau se déplie
Tu te couches l'eau s'épanouit
Tu es l'eau détournée de ses abîmes
Tu es la terre qui prend racine
Et sur laquelle tout s'établit.
Tu fais des bulles de silence dans le désert des bruits
Tu chantes des hymnes nocturnes sur les cordes de l'arc-en-ciel
Tu es partout tu abolis toutes les routes
Tu sacrifies le temps
A l'éternelle jeunesse de la flamme exacte
Qui voile la nature en la reproduisant
Femme tu mets au monde un corps toujours pareil
Le tien
Tu es la ressemblance."
 
Franz Schubert
Sonate en Ut mineur - D. 958 - IV - Allegro
Interprétée par Christian Zaccharias

30.09.2006

La Main, tard dans la vie

(2,1 Mo) 
 

Autour de :
 
Pierre Reverdy

Tard dans la vie

"Je suis dur
 Je suis tendre
 Et j'ai perdu mon temps
A rêver sans dormir
A dormir en marchant
Partout où j'ai passé
J'ai trouvé mon absence
Je ne suis nulle part
Excepté le néant
Mais je porte caché au plus haut des entrailles
A la place où la foudre a frappé trop souvent
Un coeur où chaque mot a laissé son entaille
Et d'où ma vie s'égoutte au moindre mouvement."
 
In "La liberté des mers"
 
Editions Flammarion 
 
Franz Schubert
 
Extrait du Lied "Nacht und Traume - D. 827
 
Interprété par Ann Murray (mezzo-soprano) et Graham Johnson (piano)

21.06.2006

La Main et les domaines

Moins d'une minute de chargement (1,5 Mo)...
En attendant... un faux haïku ?



Autour de :

Franz Schubert

Ganymède ("Wie im Morgenglanze") D. 544 (Op. 19/3)

Interprètes : Ian Bostridge (ténor) Julius Drake (piano)

Label EMI Classic 

 

René Ott

Aquarelle de "La Tradelière" et de "La Pagane"