22.10.2006
La Main et la rémanence
Autour de
René Char
Rémanence
De quoi souffres-tu ?
Comme si s'éveillait dans la maison sans bruit l'ascendant d'un visage qu'un aigre miroir semblait avoir figé.
Comme si la haute lampe et son éclat abaissé sur une assiette aveugle, tu soulevais vers ta gorge serrée la table ancienne avec ses fruits.
Comme si tu revivais tes fugues dans la vapeur du matin à la rencontre de la révolte tant chérie, elle qui su, mieux que toute tendresse, te secourir et t'élever.
Comme si tu condamnais, tandis que ton amour dort, le portail souverain et le chemin qui y conduit.
De quoi souffres-tu ?
De l'irréel intact dans le réel dévasté ?
De leurs détours aventurés, cerclés d'appel et de sang ?
De ce qui fut choisi et ne fut pas touché ?
De la rive du bon au rivage gagné ?
Du présent irréfléchi qui disparaît ?
D'une étoile qui s'est la folle, rapprochée et qui va mourir avant moi ?
Mikhaïl Glinka
Extrait de l'"Alouette"
Interprète : Evgeny Kissin
Label : Red Seal (2002)
07:00 Publié dans René Char | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : Odile Foltz, Caledemon, Vidéoblog, La Main, René Char, La rémanence, Mikhaïl Glinka
09.10.2006
La Main et la rémanence (V2)
Autour de
René Char
Rémanence
De quoi souffres-tu ?
Comme si s'éveillait dans la maison sans bruit l'ascendant d'un visage qu'un aigre miroir semblait avoir figé.
Comme si la haute lampe et son éclat abaissé sur une assiette aveugle, tu soulevais vers ta gorge serrée la table ancienne avec ses fruits.
Comme si tu revivais tes fugues dans la vapeur du matin à la rencontre de la révolte tant chérie, elle qui su, mieux que toute tendresse, te secourir et t'élever.
Comme si tu condamnais, tandis que ton amour dort, le portail souverain et le chemin qui y conduit.
De quoi souffres-tu ?
De l'irréel intact dans le réel dévasté ?
De leurs détours aventurés, cerclés d'appel et de sang ?
De ce qui fut choisi et ne fut pas touché ?
De la rive du bon au rivage gagné ?
Du présent irréfléchi qui disparaît ?
D'une étoile qui s'est la folle, rapprochée et qui va mourir avant moi ?in "Le Nu perdu"Editions Poésie/Gallimard
Gabriel Fauré1er nocturne Op. 33/1Interprète : Yvonne LefébureLabel : Disques du Solstice
07:00 Publié dans René Char | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : Odile Foltz, Calédémon, Vidéoblog, René Char, La rémanence, Gabriel Fauré, Nocturne n°1