24.05.2006
La Main est expressionniste (V)
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21.05.2006
La Main est expressionniste (II)
08:55 Publié dans Vocabulaire manuel | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Littérature
18.05.2006
La Main et l'agir
Autour d' Henri Michaux
Agir, je viens
"Poussant la porte en toi, je suis entré
Agir, je viens
Je suis là
Je te soutiens
Tu n'es plus à l'abandon
Tu n'es plus en difficulté
Ficelles déliées, tes difficultés tombent
Le cauchemar d'où tu reviens hagarde n'est plus
Je t'épaule
Tu poses avec moi
Le pied sur le premier degré de l'escalier sans fin
Qui te porte
Qui te monte
Qui t'accomplit
Je t'apaise
Je fais des nappes de paix en toi
Je fais du bien à l'enfant de ton rêve
Afflux
Afflux en palmes sur le cercle des images de l'apeurée
Afflux sur les neiges de sa pâleur
Afflux sur son âtre... et le feu s'y ranime
Agir, je viens (...)"
"L'espace du dedans"
Poésie/Gallimard
Extrait de Soirée dans Grenade in "Estampes"
Interprète : Alice Ader
Erato
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06.05.2006
Egalité
Prendre l'autoroute.
Choisir une voiture normale
Avec un homme normal à l'intérieur de la voiture.
Le doubler une fois sur la gauche et passer lentement
Pour s'assurer qu'il convient en tout point :
Il ne doit pas rouler trop vite, ni trop lentement
Il ne doit être ni trop jeune ni trop vieux
Il ne doit pas téléphoner non plus.
Il doit être seul.
Valider le choix
Puis le suivre sur deux cents kilomètres
En ne le quittant pas des yeux une seconde.
Regarder la nuque qui se dessine derrière l'appuie-tête.
Ne pas tourner la tête au péage
Quand les voitures se jouxtent.
Redémarrer ensemble.
Bâtir une rêverie de citrouille en carrosse.
Dépasser la nuque de temps à autre
Un peu plus vite, un peu pour voir.
Pour voir la distance entre les nuques
Fondre dans le rétroviseur.
Se dire qu'on est suivie
Et enfin, (r) attrapée.
Frissonner de complicité.
Voir le temps passer, agréablement
Oublier que la route est trop sue et trop longue.
Arriver très vite, presque à regret
Après avoir longtemps suivi la nuque
Reprenant liberté sur bretelle divergente.
L'oublier juste une minute après.
Remercier mentalement le moteur complaisant.
Odile Foltz
12:00 Publié dans Textes divers | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Littérature
22.04.2006
Empreinte
Il y a cette irradiation tiède, cet engourdissement de l'autre qui rayonne et émet la chaleur mêlée entre le drap, le rêve.
Les paumes aveugles du sommeil cherchent la peau lointaine, déjà levée peut-être, creux dans la laine aux fibres repliées. Réminiscence : éclat d'une main courte qui cueille au sein ou à la croupe le demi-sommeil des heures pâles. Cuisses serrées, chaleur montante, blush du ventre qui s'éveille en premier.
Le char d'une pensée émergente, tressaute sur les cailloux de l'aube, acide blanc qui perce la peau que bercent encore les draps. Pensée discontinue, haridelle cahotante, qui va, au chemin incertain, roulée, incontinente, par les bribes du rêve.
Puis, les paupières closes sont forcées par le jour croissant qui s'agrafe aux yeux. La fente entre les cils laisse entrer le monde, encore flou, et le repose, poussière, sur l'oreiller pour le traiter plus tard.
Mais, les draps pressent l'éveil, irritant la peau étonnée de tant de matière.
Le déploiement du corps enfin, au poing du lit, à peine la lumière, et à peine la nuit.
Les heures les plus petites comptent les doigts de la main. Mais combien suis-je ici ? Est-ce bien moi qui compte ?
Morsure du vide sur le plan du coton, absence à l'oreiller, toile à perte de vue, parfum unique trop connu, posent l'urgence : extraction immédiate pour éluder le lit.
Une torchère aux reins expulse les pieds sur le carrelage froid.
Le jour écrase sa verticale et redéploie la solitude.
Ainsi la nuit reprend dès le lever du jour.
odile foltz
19:20 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Littérature
17.04.2006
En forme de haïkus (VIII)
Alternative pour Pâques :
Laisser l'agneau au pré-salé
Et dévorer le veau d'or.
Le jardin, tondu de frais
Tend sa joue arasée
Au baiser des pieds nus.
Quand elle appelle
Le téléphone frétille
Je le calme en décrochant.
Des coquilles Saint Jacques
Aux coraux énormes
Ont grandi jusqu'à ma bouche.
Que l'absence est irritante !
Voyez mes cloques.
J'attends qu'il se gratte.
Tu poses un baiser à ma joue
Comme je prendrais une photo.
Je sens le déclic à ta lèvre.
Avec cinq pas d'élan, s'enlacer.
Pratique d'éléphant
Mais étreinte gigantesque.
Sa voix sonne comme un écu
Et enchante le téléphone
J'en écoute la crue.
Odile FOLTZ
19:40 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Littérature
11.04.2006
La Main prend position
08:35 Publié dans A Main nue | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Littérature
10.04.2006
La Main écrit (Episode XX)
08:00 Publié dans A Main nue | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Littérature
06.04.2006
Une couple d'oiseaux
Pour H. et J.
S'asseoit sur sa margelle, s'abreuve de l'espace qu'elle occupe.
Il a son parfum dans les yeux, piment qui les fait briller.
Sa langue se croise dans sa langue à elle, qui a un œil en dedans de soi et un autre fixé sur lui.
Des regards de haut jet volent dans la pièce et se croisent au point du cœur.
Je ne comprends pas la mécanique du vol, je la constate.
Une bouche s'enracine à l'oreille attentive et déverse les kilos extérieurs avec la légèreté d'un chant qui fait rire.
Il encre en elle la plume du récit, loin des chats.
Il parle de migrer. Elle dit qu'il est temps.
Tout s'interrompt.
Il y a une mésange (bouvreuil, pinson, grive ou merle) à montrer. Je regarde aussi.
Une paume se lisse sur une nuque dure qu'elle défroisse.
Ils conversent à nouveau en silence. Je caresse ce silence.
Tout à coup, deux moineaux affolés s'affrontent à la cuisine, font semblant de se voler dans les plumes. Les chants montent et s'enroulent l'un à l'autre.
S' apaisent.
Une main se pose au creux d'un rein qui vient à la rencontre.
Il tend un verre à une gorge sèche. Elle boit en regardant le rouge-gorge.
Les mots de l'homme sur le corps de sa femme qui s'envole et le retient.
Plus tard, ils s'affairent, efficaces, coordonnés dans l'espace que leurs corps mesurent exactement. Quatre ailes carrées suffisent.
Il a faim. Elle lui tend une chenille à grignoter, ou une cadence ou un sourire.
Mais ce sont ses amandes brunes qu'il gobe.
Le repas, trop ou trop peu, importe ou indiffère selon qu'ils se sont nourris.
D'en haut, les rires des petits glougloutent dans la baignoire. Il y a une gravité dans l'eau qui bouge.
Ils sont polis, compagnons accomplis et me regardent en bivalve.
Posent le feutre unisson des projets qui prennent chair dans leurs chairs sues et frottées.
Je le sens. Ils ont un toi et m'interrogent sans le dire.
Ils ne sont pas obsédés par le nid.
Par eux, baisse le ton, assourdi.
Monte le volume de la compassion.
Le monde est sur pause.
Odile Foltz
15:45 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Littérature
05.04.2006
La Main aime (Episode XVI)
Autour de :
Franz Schubert
Extrait de la Sonate en La majeur - D. 959 - II - Andantino
Interprète : Christian Zaccharias
09:00 Publié dans A Main nue | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Littérature



